Les catégories de pièges

Publié le 8 juillet 2020
Par Corentin B, Rédacteur chez Digitrap
Les catégories de pièges

La législation en termes de catégories de pièges est à la fois vaste et complexe. Afin de mieux s'y retrouver, voici en détail chacune des 5 catégories.

Les pièges de première catégorie

Les pièges de première catégorie peuvent être utilisés par un piégeur non agréé pour le piégeage du ragondin et du rat musqué ainsi que la capture des corvidés au moyen de cages à corvidés dans le cadre d’opérations de luttes collectives organisées par les groupements de défense contre les organismes nuisibles. Si ces pièges sont utilisés pour capturer d’autres espèces, l’agrément devient obligatoire.

Les pièges classés dans la première catégorie sont tous les pièges qui ont pour but de capturer un animal, sans le blesser ni le tuer, et de le contenir dans un espace clos jusqu’au passage du piégeur.
On retrouve donc dans cette catégorie les boîtes à fauves, les nasses à pies, les cages à corbeaux, la boîte tombante, etc…

Les pièges de première catégorie ne doivent pas être obligatoirement homologués, par contre, une déclaration en mairie est nécessaire avant l’utilisation des pièges, peu importe la catégorie concernée. La relève des pièges doit être effectuée tous les jours et avant midi. Si vous êtes piégeur agréé, vous devrez tout de même tenir un relevé journalier et annuel des prises réalisées à l’aide de ces pièges (cela concerne toutes les catégories de pièges). De même dans ce cas votre numéro d’agrément ou celui qui vous a commandé l’opération de piégeage doit apparaître sur le matériel employé, même s’il s’agit de pièges de première catégorie.

Ces pièges peuvent être placés dans n’importe quel endroit. L’utilisation d’appelants vivants est autorisée selon deux conditions :

- si l'appelant utilisé est de l'espèce recherchée il n'y a pas de contraintes (pas exemple un corbeau dans une corbeautière pour la capture de leurs congénères),
- si l'appelant utilisé est un animal différent de l'espèce recherche ou un animal de basse-cour, il ne doit pas y avoir de contact direct possible (une poule dans une boîte à fauves doit être placée dans un compartiment pour l'appelant par exemple).

Voici quelques pièges que l'on peut classer dans la première catégorie :

La boîte à fauves

Cage boîte à fauves
Cage boîte à fauves

Certainement un des pièges des plus célèbres. Sa polyvalence en fait un des pièges les plus utilisés par les piégeurs.

Cage à pie octogonale

Cage à pie octogonale

La cage à pie octogonale : un super piège pour de nombreuses prises et une régulation rapide.

Boites à belette, putois et fouines

Boîte à fouines

Les boîtes à belettes, à putois et fouines pour la capture des mustélidés sont également des pièges de première catégorie. Elles sont utilisées pour piéger tous les types de mustélidés dont le piégeage est autorisé dans votre département.

La cage et nasse à corbeaux

Cage à corbeaux

Les cages et nasses à corbeaux sont également un moyen très efficace pour réguler l’espèce. Le plus efficace reste quand même la grande corbeautière fixe près d’un champ.

Le poulailler

Poulailler

Le poulailler est un piège au top pour le renard. Ce dernier se concentre uniquement sur la proie et va tourner autour du piège jusqu’à se faire piéger.

Boîte tombante

Boîte tombante

La boîte tombante est un des plus anciens pièges que l’homme ait pu concevoir. Son fonctionnement a été amélioré au fil du temps pour devenir un piège redoutable avec lequel vous ferez sûrement de belles prises.
On peut ajouter à cette liste les cages à geais, les cages à pigeons, les pièges à filets, et bien d’autres pièges parfois fabriqués de manière artisanale. La condition absolue pour qu’un piège entre dans la première catégorie est qu’il tienne l’animal bloqué dans un endroit clos sans le retenir par une partie de son corps.

Piège digitrap

Ces pièges peuvent être équipés d’un système de tracking à distance, comme le Digitrap, permettant d’être prévenu de l’activation du piège ce qui dispense de la vérification quotidienne.

Les pièges de deuxième catégorie

Les pièges classés dans la deuxième catégorie sont les pièges qui se déclenchent par pression sur une palette ou lors de l'enlèvement d'un appât par l'animal à réguler. Ce sont des pièges conçus pour tuer instantanément l'animal.

Par conséquent, ces pièges sont soumis à une réglementation très stricte :
- l'agrément est obligatoire pour poser ce type de pièges,
- les pièges doivent être homologués,
- l'utilisation des pièges ainsi que le ou les numéros(s) de piégeur doivent faire l'objet d'une déclaration préalable en mairie avant la mise en place des dispositifs,
- les pièges doivent être visités quotidiennement avant midi,
- l'utilisation de ces pièges est interdite en coulée,
- ils ne doivent pas être tendus à moins de 200 mètres des habitations de tiers ni à moins de 50 mètres des voies ouvertes au public.

On trouvera dans cette catégorie différents pièges avec des fonctionnements différents et adaptés à chaque situation et à chaque environnement.

Le piège en X

Le piège en X ou conibear est un des plus utilisé et notamment autour des gabions et des huttes pour réguler le rat musqué. Il est également utilisé avec un appât carné pour le piégeage des mustélidés (fouines, putois, martres…). On trouve différents modèles de conibears sur le marché mais le seul fabricant actuel en Europe est français : Voir le site de la société MCL.

Conibear à palette
Conibear à fourchette

D’autres pièges de cette catégorie sont couramment utilisés également, tel que le piège livre de messe :

Le piège Livre de messe

Livre de messe

Dans cette catégorie, on retrouve également les pièges à œuf, les pièges à appât comme le piège « killtrap » ainsi que le piège C910 qui est une boite tuante.

Chaque piège possède des caractéristiques assez précises et convient à différentes situations. La réglementation est également très précise et des règles sont attribuées à chacun de ces différents pièges. Par exemple, le piège à œuf ne peut être tendu que de nuit sauf s’il est placé dans un jardinet ou dans l’enceinte d’un bâtiment ou le piège à appât qui ne peut être utilisé que dans les territoires boisés, etc.

Les pièges de troisième catégorie

La troisième catégorie de piège ne concerne en réalité qu’un seul piège : le collet à arrêtoir.

Il s’agit d’un piège qui retient l’animal par le cou et s’utilise pour le piégeage du renard.  Comme pour les pièges de la seconde catégorie, le collet à arrêtoir doit être homologué obligatoirement, l’agrément de piégeur est également obligatoire pour ce piège et son utilisation doit faire l’objet d’une déclaration préalable en mairie. La relève de ce piège est obligatoire dans les deux heures après le lever du soleil.

Le collet à arrêtoir s’utilise en coulée, l’arrêtoir du collet doit être impérativement fixe afin d’éviter tout étranglement de l’animal lorsqu’il tire sur le piège après avoir été pris.

Quelques prérequis sont nécessaires pour que le collet soit aux normes une fois posé :

- le collet doit être disposé au moins à 18 centimètres du sol et au plus haut à 22 centimètres, cette obligation ne s’applique pas lors d’une pose de collet en gueule de terrier ni dans un terrain privé, délimité et clos, attenant à une habitation,
- l'utilisation du collet à arrêtoir nécessite la pose d’un émerillon afin que le piège ne puisse pas se nouer une fois l’animal pris,
- l'ouverture du collet ne doit pas dépasser les 20 centimètres de diamètre.

Le prédateur le plus régulé à l’aide de ce piège est bien sûr le renard mais on peut trouver certains collets arrêtoirs fabriqués avec du câble plus épais pour le blaireau.

Collet à arrêtoir

Les pièges de quatrième catégorie

Les pièges de quatrième catégorie sont les pièges qui n’ont pas pour but de tuer l’animal dès le déclenchement du piège mais de retenir l’animal par une partie de son corps. Ils se déclenchent par pression sur une palette, par grattage ou d’autres systèmes de déclenchements possibles. Un émerillon devra être disposé sur le piège de façon à ce que le lacet soit libre et ne fasse pas de nœuds lorsque l’animal tournera autour.

Ces pièges doivent être homologués, l’agrément de piégeur est nécessaire pour poser de tels pièges, et la déclaration préalable en mairie est obligatoire.

Les pièges de quatrième catégorie doivent être relevés quotidiennement dans les deux heures qui suivent le lever du soleil.

Voici quelques pièges classés dans la quatrième catégorie :

Le piège Billard ou piège Albert

Piège billard

Le piège Français

Piège français

Le piège MCL / Belisle

Piège MCL

Ces pièges sont les plus couramment utilisés mais on retrouve également dans cette catégorie le piège Albert, le piège Gibis, le piège Bossé et le piège Godwin.

Les pièges de cinquième catégorie

Avant toute chose, les pièges de cinquième catégorie sont interdits sauf en cas d’autorisation spéciale. Il s’agit de pièges qui visent à capturer l’animal dans un endroit clos, remplis d’eau et qui ont pour but de provoquer la mort de l’animal par noyade. Le piège doit être obligatoirement homologué, l’agrément pour la pose et la relève de ces pièges est également nécessaire. Il faut relever les pièges impérativement avant midi et une déclaration préalable en mairie doit être effectuée.

Seulement deux pièges de cette catégorie sont utilisés aujourd’hui, le premier est un bidon à double fond et est soumis à l’accord de la DDAF du Calvados, il est utilisé pour le piégeage du rat musqué uniquement.  Le second est un fût contenant une cage remplie d’eau, son utilisation ne se fait que dans le département de la Mayenne.

Vous trouverez les détails techniques de ces pièges sur le site de l’UNAPAF, l’excellent site de l’Union Nationale des Associations de Piégeurs Agréés de France.