L’échinococcose alvéolaire

Publié le 16 mars 2020
Par Jacques Cheval, Rédacteur chez Chasse Passion
l'échinococcose alvéolaire

L’échinococcose alvéolaire est ce que l’on appelle un zoonose, c’est-à-dire une maladie qui se transmet des animaux à l’être humain. Dans le cas de l’échinococcose il s’agit d’une maladie parasitaire transmise par des ténias du genre Echinococcus.

Il existe 4 types de ténias, dont 2 peuvent engendrer de graves maladies chez l’homme. L’echinococcus granulosus qui est à l’origine de l’échinococcose cystique et l’échinococcus multilocuralis à l’origine de l’échinococcose alvéolaire. C’est ce dernier dont nous allons parler, car il est le plus dangereux et le plus répandu. 

Mode de transmission

Le principal animal sauvage de nos régions vecteur de transmission du ténia est le renard, rarement le chien et encore plus rarement le chat. Pour ces 2 derniers la présence du ténia n’aura d’ailleurs quasiment aucune conséquence, si ce n’est de le transmettre à l’homme. Les rongeurs tels que le ragondin ou le rat musqué sont également des vecteurs de transmission de la maladie. Ils le sont d’autant plus par leurs présences en milieu aquatique qui favorise la transmission. Ces derniers véhiculent également la leptospirose et la toxoplasmose.  

L’infection humaine par l’échinococcose est liée à l’ingestion d’œufs produits par le ténia occupant l’hôte. Ses œufs produits par millions se retrouvent dans les excréments des animaux contaminés, excréments qui peuvent souiller de l’eau, des baies sauvages, des champignons etc. En mangeant ou buvant des aliments contaminés, ou simplement en touchant un animal contaminé qui automatiquement va être porteur sur son poil d’œufs, l’homme va ingérer des œufs qui se développeront bientôt en larve et ce sont ces dernières, et non le ténia, qui vont attaquer le corps humain. L’homme deviendra alors un hôte intermédiaire mais qui ne pourra pas transmettre la maladie.

La maladie chez l'homme

Une fois dans le corps humain, les œufs vont éclore dans l’intestin grêle et les larves vont se diriger tout droit vers le foie. Au fil du temps les larves vont altérer le foie en formant des kystes sur ce dernier. D’autres organes plus éloignés tel que la rate ou les poumons peuvent être touchés. Non traitées, les larves vont entrainer la destruction des organes infectés et la mort de l’individu à coup sûr.

Il faut savoir que l’échinococcose alvéolaire peut connaitre une période d’incubation de 5 à 15 ans et être asymptomatique. Une fois la maladie déclarée, les symptômes tels qu’une altération générale de la santé, une perte de poids, des douleurs abdominales sont des signes qui doivent mettre sur la piste du diagnostic les médecins. Au-delà des tests sanguins, ce sont généralement un scanner ou un IRM qui vont mettre en évidence la présence de kystes dans l’organisme et déceler la maladie.

Traitement

Il existe plusieurs façons de traiter l’échinococcose. Souvent la première étape est d’opérer le patient, la chirurgie permettra de retirer toute la partie infectée si le dépistage est assez précoce. Vient ensuite un long traitement par une prophylaxie anti-infectieuse (médicament antiparasitaire) qui, s’ils ne guérissent pas, pourront au moins stopper nettement la progression de celle-ci. Néanmoins il faut retenir que c’est la chirurgie radiale qui en enlevant la zone infectée pourra sauver le patient, si les larves touchent de multiples organes l’espérance de vie du malade est réduite inexorablement.

Prévention

On estime qu’à tout moment dans le monde la maladie touche 1 million de personne. Si l’échinococcose alvéolaire inquiète c’est parce qu’elle est difficilement enrayable, du moins au stade de la contamination animale. Comme expliqué en préambule, ce sont souvent les renards roux qui sont vecteurs de la maladie. Ils sont eux mêmes contaminés par des rongeurs ayant mangé des végétaux infectés par exemple, il s’agit donc d’un cercle vicieux. Il faut savoir que les œufs peuvent résister longtemps à l’extérieur et ce jusqu’à des températures allant jusqu’à -18°c.

Des campagnes de déparasitage d’animaux sauvages avec des appâts munis d’antiparasitaires ont été effectuées avec un certain succès selon l’OMS, néanmoins leur coût exorbitant ne plaide guère en leur faveur.

La vermifugation des animaux domestiques et la chasse, ou le piégeage, du renard reste à ce jour en France les solutions les plus efficaces. Loin de devoir décimer les populations de vulpes, un contrôle de celle-ci permet d’éviter une trop forte propagation de la maladie. A noter que pour les chasseurs, le maniement des renards prélevés doit impérativement se faire à l’aide de gant à usage unique pour éviter tout contact avec ce dernier. Éviter également que les chiens soient en contact avec.